Un sans abri a dormi dans ma rue


Ce soir, comme je n'ai pas envie de cuisiner, je suis sortie acheter quelque chose à emporter.  Dans la rue de mon immeuble, j'aperçois un homme assis, à côté d'une couverture et d'un grand sac.

Sur le chemin de mon retour, je le revois. Il n'avait pas bougé. Je me suis approchée de lui. Je lui ai demandé s'il avait mangé, il me réponds : "oui un peu".

 Je lui donne mon sandwich, gênée de savoir que je vais rentrer chez moi, dans mon appartement, dans quelques minutes.

- Avez vous téléphoné au 115 ?
- Oui, ils n'ont plus de place.

Comme j'avais mal compris, je lui demande si cela le dérangerait si je téléphone au 115. Il me répond que non.

Je rentre chez moi. Maya, mon chat m'attendait en miaulant. Elle n'aime pas manger seule. Je téléphone toute suite au service de la mairie et j'explique la situation.

L'homme au bout du fil me rassure, il connaît ce clochard. Il confirme qu'effectivement, qu'il n'y a plus de place dans les centres d'hébergement d'urgence. L'homme me dit qu'il va envoyer l'équipe de nuit de la Maraude (chargée de venir en aide aux sans abris).

Je redescends revoir l'homme, je lui donne les deux canettes de Coca que j'avais dans mon frigo. Je lui fais part de la conversation que j'avais eu avec la personne au 115. Il faudrait qu'il leur téléphone vers 15 h le lendemain pour avoir de la place dans un centre d'hébergement.

Je suis rentrée chez moi. J'ai mal dormi.

A peine levée, vers 6 heures du matin, j'ai regardé la rue de mon immeuble : l'homme n'y était plus.

Mise à jour de l'article

Ce qui m'a choquée dans cette histoire c'est de voir qu'il n'y a plus de place dans le centre d'hébergement d'urgence à Strasbourg.

J'ai parlé aujourd'hui à mon buraliste, de cette histoire. Il m'a dit que ce n'était pas à moi de faire ce genre de chose mais aux politiques. Il avait déjà téléphoné au 115, pour un SDF qui lui avait demandé. Il n'y avait plus de place.

Nous avons de la chance d'avoir un toit sur la tête pour dormir.
Un sans abri a dormi dans ma rue Un sans abri a dormi dans ma rue Reviewed by Tomate Joyeuse on mars 18, 2015 Rating: 5

3 commentaires:

  1. aie, je me met a ta place et je croit que j'aurai ressenti ce que tu as du ressentir... la vie.... au passage, comment va tu? bises

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  2. je vais mettre à jour cet article. pour mieux expliquer mes sentiments.
    ce qui m'a choquée dans cette histoire est de remarquer qu'il n'y avait ps assez de place pour les sens abris dans les centres d'hebergement d'urgence. c'est moche non?
    oh à part cela ca va.

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  3. HOMMAGE A SDF
    Tu vas nous manquer, tu égayais notre quartier, tu
    étais de tous les combats, combien de personnes peuvent témoigner de ton
    altruisme, tu aidais nos personnes âgés à monter les courses chez eux,
    tu étais toujours disponible pour déboucher, un lavabo, ou pour réparer
    une prise électrique, tu aidais Karim, Ilitch, Denise et Feng à remplir
    des papiers administratifs, tu ne supportais pas la saleté des rues,
    d'ailleurs combien de fois tu t'es mis en colère, quand tu voyais des individus jetaient impunément leurs détritus et leurs canettes sur la chaussée ?

    Voilà, tu es parti, tu nous laisses seul avec nos larmes, tu es parti
    dans l’indifférence, on a retrouvé ton corps allongé sur un banc public,
    ton visage était paisible, ton dernier sourire figé à jamais, nous a
    brisé le coeur, oui, tu n'auras jamais d'hommage national, tu n'es pas
    une personne célèbre, pas un chanteur, ni comédien, ni sportif. tu
    n'auras même pas une ligne dans le journal local, aucun établissement
    public, aucune rue, aucune avenue, ne portera ton nom, tu seras oublié.

    Pour nous, tu seras toujours dans nos mémoires, on racontera tes
    blagues, qui nous fessaient même pas rire, on racontera tes souleries de
    soir d'hiver, on dira à qui veut l'entendre, que la vie est injuste
    pour les hommes bons, que tu étais un naufragé de la vie, qu'un jour, tu
    as perdu ta femme, ta famille, ton travail d'avocat qui défendait les
    opprimés.
    Nous avons vu le médecin légiste, il nous a confié que
    malheureusement, même si on aurait été là avant ta mort, le seul moyen
    de te sauver aurait été de te ramener vite à l’hôpital avec un
    hélicoptère.
    Cher ami, tu le disais, toi même, le monde est pourri sauf à la télé.
    On va tout de même suivre ton conseil : prendre la vie avec humour.
    Merci Charlot et bonne route là-haut !

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Tomate Joyeuse. Fourni par Blogger.