Strasbourg : Les Conseils de Quartier boudés du débat des terrasses et du bruit


Les Strasbourgeois peuvent remarquer actuellement, les affiches de la dernière campagne de leur ville, sur les nuisances sonores. Elle fait  écho aux mécontentements grandissant des habitants, qui ont de plus en plus de mal à supporter les incivilités de toutes sortes.

Une campagne sur les nuisances sonores ..dont le message passe mal... 

A la lecture, de l'article des DNA du 16 mai 2018: Ville de Strasbourg, Une nuit très disputée nous pouvons soulever des points essentiels.
  • 2000 interventions par an de la police municipale... et moins de 200 contraventions 
  • La campane a été faite sans la consultation des Conseils de Quartiers
  • Cette campagne de prévention des nuisances nocturnes faite à coups de sous-verre et d’affiches est-elle vraiment utile sachant que les restaurateurs sont obligés de mettre en place tous les moyens nécessaires pour gérer la sortie de leur clientèle dans le respect de la tranquillité des riverains, en vertu de la Charte de la Vie Nocturne (et de la loi). 
  • Or cette campagne laisse à penser qu'il est interdit de faire du bruit que la nuit. Or, les nuisances sonores liées aux bruits de comportement peuvent être sanctionnées dès lors qu'elles troublent de manière anormale le voisinage, de jour comme de nuit.
Dans l'article de 20 Minutes du 16 mai 2017, Strasbourg: Comment calmer les nuisances nocturnes et régler le volume des oiseaux de nuit, on ne peut que s'étonner de la qualité des sonomètres de la ville :
Un système d’alertes sonores est actuellement expérimenté sur les places Saint-Etienne et Austerlitz : lorsque le sonomètre en place mesure un niveau trop important, une alerte déclenche la vidéosurveillance, permettant à la police de voir s’il y a nécessité à intervenir. Les résultats sont "mitigés", indique la collectivité, le matériel n’étant pas assez précis.
La mairie de Strasbourg n'a-t-elle pas les moyens de se doter d'appareils performants ?

Rue89 Strasbourg ironise sur la verbalisation (relative) de la ville de Strasbourg :
Donc silence compris ? Si vous voulez faire la fête, allez dans une autre ville.  


Or, le silence et le flou demeurent à Strasbourg...

La verbalisation de la police municipale est très particulière. A telle enseigne selon les policiers, le discours est différent. Par ailleurs, il faut faire une plainte à la CNIL pour avoir accès aux mains courantes.  Un comble !

Je ne comprends absolument pas l'éviction volontaire du débat des Conseils de Quartier considérant qu'il est dit dans l'article des DNA :
"Aujourd’hui, ce sont les problèmes de voisinage et de tapage nocturne dans l’espace public qui donnent le plus de fil à retordre à la collectivité"

Des terrasses dangereuses... et un fonctionnement opaque

Au delà du cas des nuisances, il se pose le cas des problèmes du droit d'accès des secours. L'an dernier j'ai du déplacer avec une serveuse (l'autre s'était enfuie !!) les terrasses pour le passage d'une ambulance. Les clients, les employés, les passants ont regardé sans rien faire !!  Problème de passage qui a été signalé à plusieurs reprises à la mairie... qui n'a pas réagit !

Or un passage est imposé selon la loi et il n'est pas appliqué à Strasbourg.  Récemment, j'ai parlé avec des ambulanciers qui m'ont évoqué les sérieux problèmes que posent certaines rues.  Faut-il attendre un mort pour réagir ?!! Il serait temps que la loi soit appliquée.

Par ailleurs, il est impossible d'avoir le moindre écrit du service de la vie nocturne qui s'occupe des terrasses, des ouvertures tardives...  Le citoyen est obligé d'aller au tribunal administratif pour avoir des informations sur la réglementation de notre ville !!


Les Conseils de Quartier écartés des débats des terrasses 

M. Robert HERRMANN, l'adjoint en charge de la sécurité et du domaine public, a adressé aux exploitants de terrasses, le 9 février 2018,  un courrier que l'on peut lire sur le site de la mairie
Comme vous le savez, la Ville de Strasbourg a décidé dès 2005 d'améliorer l'image des terrasses par l'établissement  d'une charte (2007), d'instaurer plus de rigueur dans le marquage au sol, d'afficher dans vos vitrines le plan de situation de chaque établissement (2012) et d'informatiser l'ensemble des des dossiers de chaque commerçant (2015).
Par ailleurs un groupe de travail a été crée autour d'une démarche visant à faire évoluer la réglementation et notamment l'arrêté de 1951 qui régit actuellement les terrasses. Ce travail en cours, réunit vos représentants de l'UMIH, l'Architecte des bâtiments de France, le syndicats des hôteliers restaurateurs et les services en charges des terrasses.
Il aboutira à l'automne 2018 à un document intitulé Règlement des Usages du Domaine Public. 
Or, nous sommes le 27 mai 2018 et ce règlement des Usages du Domaine Public sera finalisé en automne...

Dans ce même document, il est dit que M. HERRMANN compte
mettre en place une commission de terrasses qui aura pour  but pour objectifs de débattre de tous les sujets qui les concernent, mais aussi en cas de difficultés avec l'un ou l'autre restaurateur, de pouvoir les convoquer en commission de discipline.
Les Conseils de Quartier ne sont pas mentionnés, ni même le Service Hygiène et Santé de la Ville de Strasbourg.

(Rappelons que le Service hygiène et Santé de la ville de Strasbourg s'occupe de gérer les plaintes des riverains concernant les nuisances sonores... )

Pour la transparence démocratique, il est important que les Conseils de Quartiers soient présents lors de réunions de conciliation avec des riverains et les restaurateurs. Et plus encore, il faudrait responsabiliser l'élu de quartier, en rendant sa présence obligatoire.

Le but n'est pas de s'opposer au développement de notre ville mais que là, nous puissions vivre en parfaite cohabitation en respectant les droits et les obligations de chacun.

Ne serait-il pas plus simple de créer une véritable concertation afin de mettre fin à des différents… plutôt que de nous faire comprendre que : les ordres viennent d’en haut… et silence dans les rangs, circulez : il n’y a rien à voir ! C’est notre décision un point c’est tout ! Nous avons des représentants de notre ville et nous tenons à un minimum de considération et de respect.

Est-ce si difficile que cela d’appliquer la… vraie démocratie ?

Pour en savoir plus

N'hésitez pas à vous inscrire aux conseils de quartier pour faire entendre votre voix sur le site de la ville de Strasbourg
Le service hygiène et santé de la ville de Strasbourg si vous souffrez de nuisances sonores

3 commentaires:

  1. Très bon article ! En effet il faut pointer du doigt la non présence des élus de quartiers et des conseils qui assurent, en théorie, un minimum de démocratie directe.. mais on constate que dans cette ville, le maire et son adjoint, avec le chef de la police municipale, se comportent en "shérifs". J'ajouterais simplement que les riverains ne sont pas que des habitants qui veulent dormir chez eux, ce sont aussi des contribuables, dans une ville où la taxe d'habitation est explosive! A un moment il faut également évoquer la mise en adéquation imposition/qualité de vie.

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