Il y a eu un avant et un après les élections municipales, mais le souk continue d'exister à Strasbourg grâce aux Verts. 

L'an dernier, après le déconfinement, c'était le grand bordel à Strasbourg. L'adjoint au maire écologiste, Pierre Ozenne, adjoint (EELV) à la maire, chargé des espaces publics partagés, foires et marchés, et des voiries. a déclaré cette année à Pokaa :

Quand nous sommes arrivés, on a remarqué que cette charte était de moins en moins respectée. D’un seul coup on a vu des tenanciers acheter du matériel pour étendre leurs terrasses.

On a donc vu des débordements, avec par exemple un camion de pompier qui a mis 45 minutes à remonter la Grand’Rue.

Enfin, on n’a jamais recensé autant de plaintes des habitants concernant le bruit.

Au lieu de mettre un terme au bordel, Jeanne Barseghian a préféré ne rien faire.


Quelques dérives occasionnées par son laxisme, sont évoquées sur mon blog

La mystérieuse commission consultative des terrasses


En 2021, la Maire de Strasbourg et son équipe ont voulu être raisonnables. C'est du moins la version officielle, en réalité, l'histoire est différente. 

Lors d'une conférence de presse, elle a présenté, accompagnée d'adjoints et de professionnels, sa feuille de route pour préparer au mieux une gestion plus équilibrée du domaine public. 

Interloquée, j'ai écrit à Pierre Ozenne et à Renaud De Maillard, directeur de la réglementation urbaine, pour en savoir plus, le 19 avril 2021 A ce jour, je n'ai aucune réponse. 

Je ne suis pas la seule à m'interroger. Dans les DNA est même apparu un article sur le sujet.

A lire : Veillée d’armes avant la réouverture des terrasses strasbourgeoises par Valérie Walch

Ce n'est que bien plus tard, qu'un citoyen m'a transmis un arrêté signé par la Maire "portant sur la création d'une commission consultative dans le cadre des adaptations exceptionnelles d'occupation du domaine public, destinée à faciliter la reprise d'activité des exploitants de débits de boissons jusqu'au 31 octobre 2021".


Cet arrêté n'est pas publié sur le site internet de la Ville alors qu'il devrait y figurer. 

L'opacité autour de son fonctionnement est tout à fait surprenante et montre aussi par ailleurs, le faible intérêt porté par la municipalité à son comité d'éthique, qui a écrit dans son avis 21 suite à une délibération du février 2021 : 

Tenant compte de la particularité et du caractère sensible de la question des terrasses en période de covid, il prend acte de ce que les intéressés peuvent obtenir toutes précisions auprès des services de la Ville et reconnaît que la vigilance particulière de l’auteur de la saisine sur cette question permet de progresser et de ne pas relâcher l’effort entrepris

La commission a l'intérêt de pouvoir mettre en exergue les problématiques rencontrées pour les élargissements des terrasses. Qu'en est-il dans les faits ? 

Les représentants d'habitants doivent-ils être des courtisans dociles ?


Quid des associations ou autres participants de cette commission ? Comment ont-ils été choisis  ? Pourquoi avoir choisi une association qui représente les cyclistes ? 

Pourquoi avoir écarté les experts citoyens et motivés comme Karim Hachemi Oswald ? J'avais posé la question à l'AHQG, association d'habitants de la Gare, qui ne m'a pas répondue. Ce n'est pas lui qui m'avait demandé d'intercéder en sa faveur. C'est moi, simple citoyenne, qui comme beaucoup reconnaît son honnêteté intellectuelle, ses compétences juridiques, et sa motivation sans faille à faire en sorte que notre ville ne soit plus délaissée.  Ce dernier a été souvent cité dans la presse locale les DNA voire Rue89 Strasbourg

L'AHQG participe à cette commission. Elle ne communique ni à ses adhérents, ni à ceux qui les sollicite sur les avis rendus et sur le choix de ses deux représentants. Je suis fort étonnée de ce choix, car elle est plus spécialisée sur la réflexion de la végétalisation et le compost.

Quelle a été ma colère quand j'ai appris qu'ils s'étaient abstenus à des prises de décision car ils n'avaient pas préparé la réunion. Ma colère est saine, sachez-le, cher lecteur, car quand on veut représenter le citoyen, on ne s'abstient pas, on bosse et on le représente honnêtement. 

Par ailleurs, l'association AHBAK association Habitants Bourse Austerlitz Krutenau (que je ne connais pas) n'a jamais répondu à mes mails. 

 Faut-il que ces associations portent le nom "d'habitants" pour qu'elles soient des expertes dans le domaine ? Ont-elles choisi des représentants qui ont des compétences juridiques ? 

L'Association Petite France a choisi au moins de prendre un citoyen vigilant, œuvrant pour le bien commun.

Est-ce que les autres associations existantes ont au moins été sollicitées pour faire part de leur remontée ? 

Les associations de commerçants sont très bien représentées par l'UMIH 67 (syndicat hôtelier restauration), les Vitrines de Strasbourg et la CCI. Le ton est donc donné. Les habitants à Strasbourg seraient donc les grands oubliés de la Ville écologiste.

Je déplore par ailleurs qu'aucun organe consultatif ne publie sur leur site internet ou leur page Facebook un compte-rendu régulier de leurs interventions à cette commission. 

La transparence est une nécessité dans toute saine démocratie, mais pourquoi pas à Strasbourg ?

Il est assez étonnant de lire sur un arrêté municipal une menace de poursuite pénale au sujet de documents surtout que la municipalité écologique a fait de la transparence son cheval de bataille. 


Sachez que ce type de documents devient des documents communicables quand l'autorisation sera rendue. La Cada a déjà rendu des avis concernant le dossier d'instruction. 

Même condamnée, la Ville de Strasbourg ne transmet pas tous les documents au tribunal administratif. 

A lire  Le tribunal administratif oblige Strasbourg à transmettre des documents administratifs

A ce jour, la municipalité écologiste refuse de suivre les avis Cada favorables, que vous pouvez lire sur ce blog.

A lire : Correction de l'Open Data : les plans de terrasses de la Ville de Strasbourg

Je vous invite à réfléchir sur les propos de Talleyrand. qui avait estimé que la liberté de la presse était une nécessité de son temps. 

« De nos jours, il n'est pas facile de tromper longtemps. Il y a quelqu'un qui a plus d'esprit que Voltaire, plus d'esprit que Bonaparte, plus d'esprit que chacun  des Directeurs, que chacun des ministres passés, présents et à venir : c'est tout le monde. S'engager ou, du moins, persister dans une lutte où tout le monde serait intéressé, c'est une faute, et aujourd'hui toutes les fautes politiques sont dangereuses.

« Quand la presse est libre, lorsque chacun peut savoir que ses intérêts sont ou seront défendus ou attend du temps une justice plus ou moins tardive, l'espérance soutient, et avec raison, car cette espérance ne peut être longtemps trompée ; mais, quand la presse est asservie, quand nulle voix ne peut s'élever, les mécontentements exigent bientôt, de la part du gouvernement, ou trop de faiblesse ou trop de répression.

« Mais ceci me mènerait trop loin. Je finis. Dans l'intérêt du roi et de la France, je demande une loi répressive et je vote contre la censure. »

Oyez, oyez, braves gens ! Faites du bruit pour que Strasbourg continue d'être invivable !

Grand'Rue


J'avais une fois téléphoné à l'Unesco, et j'avais demandé pourquoi ne protéger que les pierres. On m'a répondu qu'il y avait un plan de gestion. Et je l'ai lu : totalement idyllique notamment sur l'occupation du domaine public et les nuisances sonores.. 

La bruit est complètement oublié par les Verts, par le refus volontaire de faire participer l'association Calme Gutenberg, la seule association locale, qui œuvre pour le bien-être des habitants.

Rappelons que

Le tribunal a également jugé que le principe d'égalité n'avait pas été méconnu dès lors qu'à la suite de réunions de concertation  avec les riverains se plaignant des nuisances sonores générées par les terrasses existantes sur la place, la commune a décidé de ne plus accorder de nouvelles autorisations, ni même d'extension des terrasses existantes, et que la demande de la requérante a été traitée de la même façon que les autres demandes de création de terrasses. Le tribunal a enfin écarté le moyen tiré de l'atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie en relevant que la restriction apportée par la décision attaquée à l'activité de la requérante est justifiée par un motif d'intérêt général, tiré de la préservation de la tranquillité publique,  et proportionnée aux objectifs poursuivis.

CAA de BORDEAUX, , 27/04/2017, 16BX04195, Inédit au recueil Lebon

Bon nombre de restaurateurs laissent leurs portes et fenêtres ouvertes, et il n'est pas rare d'entendre de la musique, les bruits d'activité de l'intérieur des établissements, sans compter de subir les odeurs de cuisine qui envahissent la rue. 

Les policiers municipaux considèrent que les nuisances de la clientèle des terrasses sont des bruits de vie. Quelle a été ma surprise quand j'ai appris que ces derniers avaient considéré qu'il n'y avait aucune nuisance sonore par exemple pour un attroupement de 800 personnes de la Manufakture. Le ton est donné, faites du bruit.. 

Beaucoup de citoyens n'ont pas les moyens de déménager ou d'autres l'envie ou la possibilité de vendre leur appartement. L'attitude de certains railleurs me fait souvent penser à la scène,  dans la Traversée de Paris,  où Jean Gabin assène ces mots " salauds de pauvres" 


Fanny Mietlicki, la directrice de Bruitparif a déclaré au Figaro:
 "Le bruit est bien plus qu’une simple atteinte à la qualité de vie. Il est désormais considéré comme la deuxième cause de morbidité environnementale, derrière la pollution atmosphérique"
Le bruit est un sujet qui a été absent de la campagne écologiste de Jeanne Barseghian. Elle a tenu parole, elle oublie ce problème de santé publique que l'Organisation mondiale de la santé (OMS)  a pointé du doigt en octobre 2018, en faisant du bruit
 "un risque environnemental majeur pour la santé physique et mentale".

Strasbourg veut-elle quitter l'UNESCO ? 

Rue du 22 Novembre

J'ai été fort étonnée de constater l'absence de l'ABF (l'architecte des bâtiments de France), dans cette commission consultative mais surtout de l'anarchie installée depuis quelques années sans qu'aucun élu ne s'en indique, du non-respect de la Charte des terrasses. 

La Ville de Strasbourg précise dans son plan de gestion, Strasbourg Grande-Île en 2014 

Charte des terrasses

 Les terrasses installées sur le domaine public devant les restaurants et les débits de boissons participent à la vie et à l’animation de la ville. Dans le paysage urbain, la teinte et la forme des parasols qui les abritent, le dessin et la teinte du mobilier, les éventuelles jardinières ou cloisons qui les entourent, sont des éléments très visibles et ils ont un impact visuel particulièrement important. Face à de nombreuses dérives, notamment en matière esthétique, la Ville de Strasbourg a mené une réflexion avec les représentants des professionnels. Ce travail s’est concrétisé par une charte qui a été validée en 2007. Ce document a été conçu comme une aide à la conception et non comme une contrainte

Les préconisations de cette charte d’une vingtaine de pages peuvent être résumées de la façon suivante :

  • la terrasse doit être posée sur le sol (pas de podium)
  • le mobilier doit être de qualité (pas de plastique) et sa teinte unie doit respecter le cadre ;
  •  seuls les parasols ronds et unis sont autorisés (pas de tentes à deux pentes). Leur teinte doit être unie. La publicité est interdite
  • la végétation en bac est autorisée (préconisations pour les végétaux). Pas d’effet de clôture (distance minimum entre chaque bac égale à trois mètres) ;
  •  les porte-menus font aussi l’objet de préconisations. Les propositions des commerçants doivent être validées par l’architecte des Bâtiments de France avant mise en œuvre

Il n'est pas rare de voir des terrasses en podium ( par exemple rue du Jeu des Enfants, rue du Fossé des Tanneurs), ne parlons pas des parasols carrés et avec d'énormes logos comme Meteor dans la rue du 22 Novembre.  

Rue du Jeu des enfants

La vie d'un arbre supérieure à celle d'un homme

Grand'Rue


Il est intéressant de constater que ICOMOS, l'organe consultatif de l'UNESCO avait pointé en 2017 les problèmes d'incendie dans le centre historique  : 

Dans son rapport intermédiaire l’ICOMOS notait que l’incendie était l’un des risques majeurs pour le centre historique, que la ville disposait de plans d’intervention spécifiques pour les établissements répertoriés, et les équipements sensibles, mais pas pour les îlots du cœur historique. Dans sa réponse, l’État partie note que la fiche 13 du Plan de gestion, « Créer un outil cartographique pour permettre aux pompiers d’accéder au cœur des îlots » est une réponse à cette question. Il indique qu’une cartographie des risques de propagation horizontale des incendies est déjà réalisée, et la volumétrie par îlot et l’outil qui donnera l’accessibilité de l’ensemble des façades sur rue par un véhicule-échelle est en cours de mise au point. L’ensemble devrait être opérationnel en 2018.

C'était loin déjà. Les terrasses envahissent les rues. Les municipalités précédentes et actuelles laissent, toute honte bue, ces terrasses en faisant fi de de la sécurité de l'homme... comme celles de la rue des Aveugles, rue de l'Ecurie, petite rue des dentelles..

Je précise que le  SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours) 67 ne donne aucun avis écrit sur les terrasses. Donc pas d'avis écrit, pas d'avis. C'est bien noté. 

Et les services que disent-ils ? Lors d'une réunion de conciliation, le directeur de la réglementation urbaine de Strasbourg a répondu à mes inquiétudes du passage des secours ralentis par les terrasses de l'Aedaen : 

Les pompiers écraseront les terrasses. 

Ni les fonctionnaires de la ville présents, ni même l'UMIH n'ont réagit à ces propos. 

Quelques semaines plus tard, j'ai poussé avec une serveuse des terrasses pour le passage d'une ambulance. Passants et clients m'ont regardé faire.  

Actuellement, l'équipe municipale porte le vœu d'instaurer dans les critères de sélection de budget participatif: le fait qu'aucun arbre devrait être coupé. 

La belle morale à Strasbourg, la vie d'un arbre a plus d'importance pour les écologistes que la vie humaine. Qui sera le prochain mort pour la préfecture et la municipalité enfin réagissent ? 

Ce sera vous, cher lecteur ? Les problématiques occasionnées par les terrasses ne font pas la une de la presse régionale. Pourquoi ne pas l'évoquer ? Et s'il y a un mort, on en parle ? 

Qui va crever ? 

Un arrêté municipal qui compte pour des prunes

Le paysage chaotique de l'installation des terrasses prouve l'incapacité de la municipalité à se faire respecter ou tout simplement sa non-volonté de réguler l'espace public. Je doute que des sanctions ne se fassent nous sommes en pleines élections départementales et régionales. 


La municipalité couvre le vœu de piétonniser certaines rues pour des bistrotiers. 

Le coût de l'occupation du domaine public reste dérisoire. Les restaurateurs ont été pourtant très largement aidés pendant le confinement. 


Les horaires de fermetures ne sont pas respectés, ni la délimitation au sol. 

Les rues ont été largement privatisées pour les intérêts économiques faisant fi de la circulation des piétons et de la vie humaine. Il n'y a qu'à voir la Rue du Aveugles et celles de la rue du 22 Novembre. 

Penchons nous sur la rue du 22 Novembre privatisée depuis l'an dernier.  Elle fait partie intégrante de la magistrale piétonne où 50% de la surface devait être réservée exclusivement aux piétons. 

A lire : L'aménagement de la rue du 22 Novembre en question

Tous les établissements s'étalent à l'envie sans autorisation (ils ne sont pas encore passés en commission). 

Rien n'est géré, ni les horaires, ni même les nuisances. Et dire que Franck Meunier souhaiterait une ouverture tardive à 4 heures du matin pour son établissement Meteor qui pourra accueillir 1400 personnes. Ce ne sera pas le souk mais l'enfer !

 La voie centrale sert donc de voie de passage, aux serveurs, cyclistes, voitures, motos, trottinettes (et j'en passe) et surtout très difficilement aux piétons. 

Je suis très surprise que la Ville de Strasbourg laisse s'installer des contre-terrasses, ce n'est pas le cas dans d'autres communes comme à celle de l'Aigle (commune française, située au nord-ouest de la France, au confluent de la Risle), où le maire les a refusées à un restaurateur pour des raisons évidentes de sécurité. 

La question se pose le jour où vous aurez un accident. Il vous faudra aller au tribunal administratif comme je l'ai fait pour avoir les autorisations de terrasses (les plans sur l'open data ne sont pas des autorisations) et les différents avis municipaux et autres y afférents. 

Cet article se termine sur la morale de la Fontaine, tirée de sa fable  "Le conseil tenu par les rats"
Ne faut-il que délibérer,
La Cour en Conseillers foisonne ;
Est-il besoin d'exécuter,
L'on ne rencontre plus personne.


Remarques de Tomate Joyeuse 

Le tribunal administratif de Strasbourg a reconnu le préjudice que j'ai subis et a condamnée l'inaction de la municipalité de Strasbourg.


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